mardi 21 décembre 2010
Histoires en ligne et cycle de conférences
Financé par la MAIF et Rue des écoles, le site Il était une histoire propose la lecture en ligne et l'écoute d'albums, de contes et légendes, de poésies et de chansons en anglais. Une bonne ressource pour les TBI ...Et les vacances. C'est par ici .
A écouter sur le site de France Culture, des fictions enfantines d'environ trente minutes, c'est par là.
Sur le site de France Musique, des histoires écrites par des élèves de l'école primaire enregistrées somptueusement, c'est par ici.
Et pour la rentrée, à Rennes,en Bretagne,le cycle de conférences Les albums s'animent continue, persiste et signe:
- jeudi 13 janvier 2011 - de 18 à 20 heures Le roman pour la jeunesse : initiation, réalisme, imaginaire, quelles évolutions ? par Marie-Hélène Routisseau, docteur ès lettres, Paris IV, enseignante en Littérature de Jeunesse à l’Université du Maine et Paris X
- mardi 1er février 2011 - de 18 à 20 heures
Un poème peut en cacher un autre par Nicolas Tabuteau, poète, Docteur ès lettres, enseignant à Paris X Nanterre et Versailles
- Suite à une réorganisation éditoriale en cours, la conférence avec les éditions du ROUERGUE est reportée au premier trimestre de l'année scolaire 2011/2012.
La conférence de Joëlle TURIN, "L'univers de l'album pour la jeunesse: ses caractéristiques, ses tendances, ses enjeux " aura lieu le jeudi 17 mars 2011
- mercredi 16 février 2011 - de 18 à 20 heures :Écrire pour le jeune public, quelle différence ? par Olivier Balazuc, comédien, auteur et metteur en scène
( en partenariat avec le TNB, Théâtre National de Bretagne,Centre Européen de Production Théâtrale et Chorégraphique )
IUFM de Bretagne,153, rue Saint-Malo,Amphi Condorcet. contact: Annick Carré 02 99 54 82 09
A écouter sur le site de France Culture, des fictions enfantines d'environ trente minutes, c'est par là.
Sur le site de France Musique, des histoires écrites par des élèves de l'école primaire enregistrées somptueusement, c'est par ici.
Et pour la rentrée, à Rennes,en Bretagne,le cycle de conférences Les albums s'animent continue, persiste et signe:
- jeudi 13 janvier 2011 - de 18 à 20 heures Le roman pour la jeunesse : initiation, réalisme, imaginaire, quelles évolutions ? par Marie-Hélène Routisseau, docteur ès lettres, Paris IV, enseignante en Littérature de Jeunesse à l’Université du Maine et Paris X
- mardi 1er février 2011 - de 18 à 20 heures
Un poème peut en cacher un autre par Nicolas Tabuteau, poète, Docteur ès lettres, enseignant à Paris X Nanterre et Versailles
- Suite à une réorganisation éditoriale en cours, la conférence avec les éditions du ROUERGUE est reportée au premier trimestre de l'année scolaire 2011/2012.
La conférence de Joëlle TURIN, "L'univers de l'album pour la jeunesse: ses caractéristiques, ses tendances, ses enjeux " aura lieu le jeudi 17 mars 2011
- mercredi 16 février 2011 - de 18 à 20 heures :Écrire pour le jeune public, quelle différence ? par Olivier Balazuc, comédien, auteur et metteur en scène
( en partenariat avec le TNB, Théâtre National de Bretagne,Centre Européen de Production Théâtrale et Chorégraphique )
IUFM de Bretagne,153, rue Saint-Malo,Amphi Condorcet. contact: Annick Carré 02 99 54 82 09
vendredi 10 décembre 2010
Livres pour enfants made in Bretagne

L'Espace des Sciences de Rennes publie chez Apogée trois "livres d'expériences" destinés aux enfants à partir de sept ans. Dans un format poche facile à ranger et peu onéreux (6,50 euros), Annie Forté et William Augel proposent des expériences classées par couleur en fonction de leurs caractéristiques (faciles, spectaculaires, pour bricoleurs artistes, pour les cinq sens, plus difficiles, pour trouver des réponses...). Trois fois 22 expériences présentées sur une double page avec des schémas très clairs et un résumé final intitulé "Comment ça marche?" qui donne l'explication scientifique des observations.Intitulés Le ballon et la fusée à réaction,La paille et le château d'eau et Le citron et le message secret, ils s'appuient sur le caractère aventureux des sciences pour donner envie d'expérimenter et de comprendre...

Millefeuille est une maison d'édition pour la jeunesse, sise à Auray dans le Morbihan. Elle développe une démarche originale avec des collections tournées vers le patrimoine, les légendes, la mer...Un petit livre broché intitulé le Complot décline l'histoire de la fabrication d'un livre, Le complot de Mortefeuille, avec tous les acteurs qui constituent "Le train du livre". Malheureusement un peu confus car courant plusieurs lièvres (personnalisation des auteurs, lien avec le Moyen Age et des personnages fictifs, les bonbecs...), cet ouvrage peut servir de support à un travail sur le livre. Il aurait sa place comme simple documentaire, en dehors de son caractère d'apostille au Complot de Mortefeuille. Une maison d'édition dont la qualité des textes et des illustrations semble être la marque ...
Un beau livre d'Art édité par La Part Commune Tango-Monde, des noirs des rouges et de l'ocre sur un pas de danse, l'énergie et la précision...Pas pour les enfants? Il n'y a pas d'âge pour la peinture. Un superbe ouvrage qu'on mettra facilement en résonance avec le Frida Khalo publié par les 400 coups l'année dernière. Une occasion aussi de faire écouter aux élèves une musique qu'ils ne connaissent peut-être pas.

Le nouveau CRAM CRAM, magazine alternatif sans publicité pour les enfants de six à onze ans est paru...Un magazine dédié au voyage made in Bretagne
mardi 7 décembre 2010
Contes de la tradition en maternelle
Les enfants découvrent souvent les contes traditionnels à travers les parodies et les citations, on suppose alors qu'ils connaissent le texte d'origine. Ce n'est pas souvent le cas, et si la maternelle ne s'en occupe pas, ils risquent d'arriver à l'école élémentaire sans les bases de notre culture commune.
Le conte authentique leur donne l’occasion d’entendre les temps du passé, spécialement le passé simple. Il propose des formes de langue anciennes et désuètes qui permettent aux élèves parler différemment le temps d'une histoire. Il est marqué d’invraisemblances de toutes sortes que l’on apprend à accepter de manière conventionnelle, une entrée dans la littérature. Forme déclinée du mythe, dont il s’inspire, il peut illustrer toutes les situations de la vie réelle.
Le conte doit d'abord être dit, il vient de la tradition orale. Même si de jeunes élèves peuvent avoir besoin d’illustrations pour « entrer » dans l’histoire, le premier vecteur des mythes et des contes fut la voix,il faut oser proposer des versions orales, non appuyées sur des illustrations.
La force des mots explose sans l’appui des images, les enseignants qui se lancent relatent d’abord leur réticence (le recours à l’illustration rassure, il focalise les regards des élèves), puis leur satisfaction devant la qualité de l’écoute obtenue. Dans la collection mini Syros Paroles de conteurs dont c’est la thématique, Le grain de riz est une très bonne référence pour l’accès au texte lu. On peut commencer par s’organiser avec de petits groupes …(La soupe au caillou d’Anais Vaugelade est une autre version de ce conte)

-L’album pop up « le loup et les 7 chevreaux » des frères Grimm, adapté par B. Heitz chez Seuil : des illustrations modernes sur un texte traditionnel.
-Les Contes du tapis chez Seuil jeunesse présentent de larges illustrations pleine page et un texte à lire sur le rabat comme un kamishibaï

-Les petits cailloux (Nathan), petit format pour une collection qui restitue le texte d'origine et propose des illustrations aidant à la compréhension.
-Un recueil de contes de Perrault dans leur version d'origine, chez De la Martinière Jeunesse propose huit contes suivis de leurs Moralités, avec des illustrations épatantes de Corinne Chalmeau, Fabienne Tesseydre, Lionel le Néouanic, Jérôme Ruillier, Florence Pinel, Stéphan Laplanche, Florence Langlois et Emmanuelle Houdart.
A la maternelle, on n'hésitera pas à parler, toucher, écrire autour du conte. Des boîtes contenant des objets évocateurs, des cartes, des carnets de lecteurs permettront au élèves d matérialiser et de reformuler les contes. Ils peuvent aider à la compréhension.
Certains jeux de cartes (comme le Makili de chez Djeco)proposent des personnages et des éléments des contes qui permettront de réinventer de nouvelles histoires ...
PROGRAMMER LES CONTES
Tous les contes ne conviennent pas à tous les âges, voici comment les enseignantes de St Brice en Coglès se sont organisées:
Petite Section : contes à la structure narrative simple (contes en randonnée), aux personnages bien identifiés. Prudence sur les fins « angoissantes ».
Exemples de contes :
• Boucle d’Or et les 3 ours
• Poule Rousse
• La petite poule rousse
• Les 3 petits cochons
• Le petit bonhomme de pain d’épice et autres Roule galette
Moyenne Section : reprise des contes de PS (rôle de la répétition et de l’apprentissage « spiralaire ») + évolution vers des contes plus étoffés, avec la rencontre de personnages archétypaux de type « princesse, fée… »
Exemples de contes :
• Le petit chaperon rouge (si plusieurs versions, commencer par la moins angoissante / la plus figurative …)
• Le loup et les 7 chevreaux
• Pierre et le loup
• Cendrillon, la Belle au bois dormant (plus difficile), La princesse au petit pois, Blanche-Neige (entre MS et GS)…
Grande Section : reprise des contes précédents + évolution vers des récits à la trame narrative plus complexe, avec la découverte d’univers moins sécurisants (personnages de l’ogre, de la sorcière…).
• Jacques et le haricot magique
• Le Petit Poucet
• Hansel et Gretel
• Raiponce
• Un conte africain : Rafara …. (mais aussi Tom Pouce…)
Une fois constituée cette base culturelle, les albums parodiques et humoristiques de Philippe Corentin, Geoffroy de Pennart, Mario Ramos (...) seront d'autant plus appréciés qu'ils réfèreront à des histoires partagées ...
Libellés :
Catherine le Guen,
Sylvette Heurtel
mardi 30 novembre 2010
Maurice Sendak, lumière et mystères
Chez Maurice Sendak, les petits garçons sont les rois du monde, ils commandent à la mer, aux nuages, aux animaux, et parfois à des flopées de monstres terrifiants. Ensuite les petits garçons mettent leur pyjama et vont s'asseoir pour manger leur soupe.
Avec Max et les Maximonstres, classique des classiques, on entre dans le rêve par un dessin à la fois limpide et mystérieux, la forêt referme derrière nous ses larges branches, on chemine derrière un roi enfant chevauchant des êtres immenses. Quand le rêve prend fin, l'image rétrécit, minuscule au creux de la page blanche.
Ce merveilleux album est dans presque toutes les écoles, parfois usé, détruit...C'est bien dommage.Paru en 1962 sous le titre Where the wild things are, cet album référait manifestement à la part sauvage qui dort en chaque enfant. Une video bricolée restitue cette histoire intemporelle.
L'école des loisirs a la bonne idée de rééditer la Mini-bibliothèque de Maurice Sendak,quatre minuscules volumes reliés toile et jaquettés dans une boîte de carton douce sous les doigts.
">">:
Quatre comptines, philosophiques et enfantines:J'adore les Alligators (abécédaire), Ma soupe de poule au riz (calendrier),Pascal (conte moral en cinq chapitres), Un deux trois et caetera (livre à compter et décompter) Un régal.
Et une mine d'idées d'écriture pour la classe: pourquoi ne pas reprendre le schéma de petite collection en pliage à la façon de Célestine ?
Maurice Sendak est né en 1928, c'est un vieux petit garçon maintenant.
Il a choqué son siècle, apprivoisé pas mal de monstres, mais son univers reste un élément fondateur de la littérature de jeunesse.Son parcours vaut le détour.
Rien à voir, mais je parlerai bientôt de lui aussi, Georges Lemoine promène son oeil d'artiste et son appareil photo: c'est chez Ricochet et ça donne de quoi faire pour apprendre à regarder, c'est par ici.
Avec Max et les Maximonstres, classique des classiques, on entre dans le rêve par un dessin à la fois limpide et mystérieux, la forêt referme derrière nous ses larges branches, on chemine derrière un roi enfant chevauchant des êtres immenses. Quand le rêve prend fin, l'image rétrécit, minuscule au creux de la page blanche.
Ce merveilleux album est dans presque toutes les écoles, parfois usé, détruit...C'est bien dommage.Paru en 1962 sous le titre Where the wild things are, cet album référait manifestement à la part sauvage qui dort en chaque enfant. Une video bricolée restitue cette histoire intemporelle.
L'école des loisirs a la bonne idée de rééditer la Mini-bibliothèque de Maurice Sendak,quatre minuscules volumes reliés toile et jaquettés dans une boîte de carton douce sous les doigts.
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Quatre comptines, philosophiques et enfantines:J'adore les Alligators (abécédaire), Ma soupe de poule au riz (calendrier),Pascal (conte moral en cinq chapitres), Un deux trois et caetera (livre à compter et décompter) Un régal.
Et une mine d'idées d'écriture pour la classe: pourquoi ne pas reprendre le schéma de petite collection en pliage à la façon de Célestine ?
Maurice Sendak est né en 1928, c'est un vieux petit garçon maintenant.
Il a choqué son siècle, apprivoisé pas mal de monstres, mais son univers reste un élément fondateur de la littérature de jeunesse.Son parcours vaut le détour.
Rien à voir, mais je parlerai bientôt de lui aussi, Georges Lemoine promène son oeil d'artiste et son appareil photo: c'est chez Ricochet et ça donne de quoi faire pour apprendre à regarder, c'est par ici.
jeudi 25 novembre 2010
N'exploitons pas Ponti à l'école...

« Sauf adoption ou recomposition familiale, les sœurs et les frères arrivent sous forme de bébé immédiatement après leur naissance. Ce sont alors des sœurs et des frères non finis dont on ne peut rien faire »
On ne saurait mieux dire la déception des frères et sœurs aînés à qui la cohorte des adultes bienveillants, voisins, parents, oncles, tantes, nourrices, enseignants, inconnus dans les transports et autres commerçants plein de jovialité répètent depuis des mois : « Alors, t’es content ? Maman va avoir un bébé ! » à l'arrivée d'un nourrisson dans la maison.
Sœurs et frères de Claude Ponti est un trésor. Encore un. Pour sa folie, bien sûr, pour le catalogue de ses habitants extraordinaires, ces êtres-valises aux yeux ronds qu’on a l’impression d’avoir toujours connus : Réglék-Kquerr carré de partout, Grotrouillon et sa tête cachée dans un pot de sable ambulant, Lépuisé Zélasse, Kili-Toultan-Partou (c’est moi), Soeuridéale (encore moi), Squouatt-Tabaigne (Esprit d’ablutions somnolentes. Immersion. Clapotis, c’est encore moi parfois)
Claude Ponti génère les sourires, ce livre posé sur mon bureau m’a valu une grosse récolte ces temps-ci, c’est toujours bon à prendre. Mais là où je le trouve magistral, c’est lorsqu’il évoque les sujets les plus désespérants : les albums de Ponti sont des livres qui soignent.
Il a tout dessiné, il a tout évoqué : la laideur, la solitude, l’abandon, la moquerie, la honte, la mort. Il rend supportable ce qui fait mal de son écriture pondérée et son dessin exubérant, bien au-delà des albums destinés à expliciter les choses qui font mal à longueur de collection. Il faut avoir vu le regard d’enfants dont on sait la vie chaotique sur les parents d’Oum Popotte ( in Le Chien Invisible) pour en prendre la mesure.
Dans ce dernier album, Soeurs et frères,Claude Ponti évoque aussi les sœurs et les frères morts avec les mots et les images qui aident … Mais dans la série qui donne le sourire, je recommande le couple Kollant-Minute, ( Esprit d’accompagnement forcé. Bébête. Surpuissance. Agglutinance).
Je m’y reconnais également.
En classe, les œuvres de Ponti sont accessibles à tous les niveaux de la maternelle au CM2, pas pour les « exploiter », juste pour les regarder, les lire et se laisser emporter.
L'école des loisirs, 21,50 €
dimanche 21 novembre 2010
Roald Dahl

Quel bonheur d'écouter les entretiens de France Culture cet après-midi, au programme:Roald Dahl, le renard rusé par Virginie Bloch-Lainé et Anne-Pascale Desvignes,le lien pour l'écouter est ici
"Le 6 septembre 2010, vingt ans après la mort de Roald Dahl, est sortie en Grande-Bretagne la première biographie autorisée de l’auteur de Charlie et la chocolaterie. Donald Sturrock, son auteur, a eu accès aux archives personnelles du romancier d’origine norvégienne et confirme que Dahl fut un agent du renseignement britannique, quelques mois au cours des cinq années joyeuses qu’il passa sur la côte Est des Etats-Unis, entre 1941 et 1946.C’est une nouvelle très réjouissante mais pas tellement surprenante, tant elle colle avec la vie de héros qu’a menée Roald Dahl. Après avoir été pilote de la RAF au Moyen-Orient, il a travaillé pour l’ambassade britannique à Washington et fréquenté des acteurs, des écrivains, des hommes politiques, les époux Roosevelt et par la même occasion la Maison Blanche, Ian Fleming, espion-écrivain dont il a scénarisé le roman On ne meurt que deux fois, Robert Altman … et plus tard, il a épousé l’actrice Patricia Neal, décédée cet été.

Gravement blessé physiquement pendant la guerre, Roald Dahl le fut aussi affectivement, dans son enfance, par la mort précoce de son père et d’une de ses sœurs à quelques mois d’intervalle. La vie a continué de ne pas épargner ce conquérant aventureux puisqu’il perdit une fille de sept ans et eut un fils lourdement handicapé après qu’un taxi renversa son landau. Nourri de ces mauvais coups, il a inventé pendant presque trente ans, du début des années 60 à la fin des années 80, des petits héros tout aussi aventureux et secoués par la vie que lui, souvent très intelligents, s’efforçant de se sortir le mieux possible des difficultés dans lesquelles les adultes les ont placés.

Mais Roald Dahl a imaginé aussi, dans des nouvelles destinées aux adultes, des séducteurs prétentieux, trop fiers de leur virilité pour qu’il n’y ait pas un loup quelque part ; des libidineux punis par là où ils ont péché ; une femme humiliée sexuellement par un amant-gynécologue sadique ; un policier assassiné par sa femme grâce à un coup de gigot congelé, et écrivit un roman hilarant sur la vie d’un obsédé sexuel tiré à quatre épingles. Sept de ses nouvelles furent adaptées à la télévision par Alfred Hitchcock. Les deux hommes étaient faits pour s’entendre.

Entre ces nouvelles - macabres ou sexuelles, voire les deux à la fois - où ceux qui jouent aux plus malins sont toujours perdants, et James et la grosse pêche, Le Fantastique Monsieur Renard ou Matilda, il n’y a qu’un pas. Roald Dahl balaie d’un revers de main la médiocrité et encourage ses lecteurs à se conduire en conquérants s’ils veulent avoir une chance de s’en sortir. Roald Dahl était du côté du renard contre celui des chasseurs. Il faut bien en passer par quelques filouteries pour survivre."
Dans cette émission j'ai spécialement apprécié les interventions de Gérard Guégan, romancier ( "Cité champagne" éd. Grasset, "Inflammables" éd. S. Wespieser) et Quentin Blake qui raconte sa collaboration avec RD.
Lorsqu'il écrit pour les enfants, Dahl n'élude pas la dureté de la vie, la cruauté des situations. Il ne présente pas l'enfance comme un jardin de roses, ses jeunes lecteurs peuvent reconnaître des souffrances et des peurs intimes dans ses histoires. Mais il sait terminer ses histoires sans laisser les lecteurs dans l'angoisse: ses héros sont préservés grâce à leur courage et leur audace. Son écriture est morale malgré la drôlerie et la cruauté parfois débridée, l'ennemi chez lui, c'est la médiocrité.
Concernant la classe, Gallimard a publié une version poche illustrée des photos du récent film: Fantastique maître Renard. Cela ne remplace pas les illustrations de Quentin Blake mais complète utilement une bibliothèque de classe: la diversité des illustrations rend son épaisseur à l'écriture.

Pour moi, tout est bon chez Dahl, Matilda reste un texte précieux, particulièrement aidant pour des enfants peinant à trouver leur place à l'école.

Bref, j'aime énormément cet auteur...
mardi 2 novembre 2010
Réfléchir et s'émouvoir

La dernière année, ou pourquoi et comment le Père Noël décida d'arrêter et pourquoi il ne recommença jamais, de Thierry Lenain illustré par Benoît Morel. Une histoire de Père Noël, mais là c'est le commencement de la fin, une version de la vraie vie du vrai Père Noël proposée aux enfants.On rencontre un PN désabusé, en fin de carrière, confronté à des usurpateurs d'identité et à l'aspect éminemment commercial des fêtes de fin d'année. On se sent partir vers une biographie dépressive du bonhomme rouge...et puis non, l'auteur fait une autre proposition. La suite questionne et émeut. Le livre de petit format est blanc cassé, rouge et noir, le papier de qualité, les illustrations émouvantes et justes (on peut dire cela? Tant pis, je le dis, elles sont en adéquation avec l'écriture, je les trouve justes et belles). A lire avec les enfants qui ont fini d'y croire (cycle2), à donner aux cycle 3...Un très bon support de débat et apparemment une collection qui invite à penser chez Oskar: "Trimestre, chaque année 4 titres, 4 auteurs, 4 illustrateurs, 4 coups de coeur pour s'émouvoir" Affaire à suivre...

Toujours pour les cycles 2 et 3, Le livre des Croc, crunch, slurp! de Charles et Maureen Clark, illustré par Sue Shields. 'Gallimard jeunesse) On avait déjà testé en classe Le livre des Gloup et autres onomatopées , des mêmes auteurs. En plus du caractère gagesque et des pop up très inventifs, on avait repéré une entrée vraiment pédagogique pour présenter la digestion en classe. Celui-ci s'attache à l'aspect diététique et à l'origine des aliments, ce qui n'est pas inintéressant aujourd'hui où les familles se fournissent essentiellement au supermarché.Les courts segments de lecture sur des rabats ou des pochettes peuvent convenir à certains élèves, un bon complément au manuel de sciences.

Pour les maternelles, un nouveau conte du tapis, ces grands albums cartonnés où le texte est écrit sur le dernier rabat(Seuil). Les musiciens de la ville de Brême,des frères Grimm, illustré par Bruno Heitz (gravures sur bois et très jolis bleus). Le format est propice aux regroupements, un peu à la façon des kamishibaïs.

Pour les Maternelles toujours, Mes animaux du Monde de Clémentine Sourdais (Le Sorbier).Un format carré qu'on développe sur trois côtés pour découvrir une série de biotopes imagés, d'animaux souriants dans des gammes de couleurs ravissantes.A regarder en petit groupe sur une table pour apprendre à nommer les animaux.
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