jeudi 20 septembre 2012
Même pas peur!
François Soutif revient nous faire « Bouh ! », carré cartonné à fond jaune pour cette histoire située juste au moment où le loup s’approche de la troisième maison des petits cochons (vous savez, ces petits cochons constructeurs poursuivis par un loup vorace). Nous arrivons donc à la fin, les trois cochons se sauvent poursuivis par un affamé déjà pourvu de sa serviette à carreaux , d’une fourchette à trois dents et d’un couteau particulièrement tranchant. Heureusement il se heurte à la limite entre jaune clair et jaune d’or, s’écrase lamentablement, se relève nez tordu et mine défaite, réfléchit et revient pourvu d’une échelle…Comme Tralalère, que j’avais absolument adoré, l’histoire est circulaire, drôle, dynamique. Je conseille cet album pour tous les âges de la maternelle après avoir écouté le conte traditionnel des trois petits cochons. Bouh !, Kaléidoscope 13,20 €
Grand Guili, un petit album classique sur la peur du noir : Louis a toujours peur au moment d’aller se coucher car dans sa chambre toute noire se cache souvent le Grand Guili, un être d'ombre aux doigts crochus. Un bon album pour la section de petits, spécialement à cause des illustrations ravissantes et si expressives d’Emmanuelle Eeckhout. Textes de Jean Leroy. Pastel 10 €
Le loup derrière le livre, un album à propos de livres, de rêves et de peur. Marie habite chez sa tante Hortense, très vilaine mais sa seule famille, avec les rêves et les livres comme refuge. Le jour où elle fuit la maison pour s’aventurer dans la grande forêt, elle rencontre un loup, petit et gentil, raconteur d’histoires et auteur de livres. L’histoire est compliquée pour les petits et personnellement je ne suis pas tellement en faveur des loups gentils (je préfère qu’ils soient très méchants), mais cet album invite au rêve et à l’évasion, ses illustrations me plaisent beaucoup. Pour la Grande Section à mon avis. Mathis, L’école des Loisirs, 12,70€
Bon, les loups, les monstres, il n’y a pas que ça qui fait peur : il y a aussi la piscine. Dans Jour de piscine on est dans les vestiaires avec un drôle de bestiaire : les héros sont un ours, un chien, une girafe, un kangourou et un cochon tous vêtus d’un maillot coloré, c’est déjà drôle. Il y a aussi un mouton qui semble tout nu mais quand il retire sa laine on voit un joli maillot mauve à pois blancs. Nos six héros sont rassemblés autour d’une affiche : Aujourd’hui Cours de plongeon. Là c’est la panique, chacun imagine le pire, chacun raconte ce qui lui fait le plus peur et les dessins à la fois drôles et éloquents devraient plaire aux enfants. La chute révèle qu’ils se sont inquiétés pour peu de chose: c’est ce qu’on ne sait pas qui effraie le plus. Pour les petites et moyenne sections. De Christine Naumann-Villemin et Eleonore Thuillier chez Kaléidoscope 13,20€
lundi 25 juin 2012
Bandes dessinées: trois lectures d'Emma
Ludo enquête et squelettes de Pierre Bailly et Denis Lapière. Quand le dessinateur des
aventures de l’inspecteur Castar, leur BD préférée, disparaît, Ludo et David
sont désespérés. Le père de Ludo est
policier, il devrait retrouver la trace du dessinateur, mais l’enquête piétine.
Alors Ludo et David vont eux-mêmes partir à la recherche de monsieur Vincent, le dessinateur.
Ils forcent la porte de son appartement, fouillent ses papiers, interrogent les
voisins, et parcourent les rues…
Emma, élève de sixième, a aimé le jeu entre
l’histoire des enfants et celle de leur héros favoris :
"J'ai très bien aimé ce livre car il y a deux histoires dans une, il y a l'histoire de Castar et l'histoire de LUDO. Mes personnages préférés sont Ludo et Castar car ce sont les personnages principaux de leur histoire ! C'est comme si Ludo se mettait dans la peau de son idole, partout ou ils vont c'est comme si ils étaient dans la bande dessinée !
C'est ça que j'ai bien aimé !"
"J'ai très bien aimé ce livre car il y a deux histoires dans une, il y a l'histoire de Castar et l'histoire de LUDO. Mes personnages préférés sont Ludo et Castar car ce sont les personnages principaux de leur histoire ! C'est comme si Ludo se mettait dans la peau de son idole, partout ou ils vont c'est comme si ils étaient dans la bande dessinée !
C'est ça que j'ai bien aimé !"
A partir du CE2, Millebulles de l’école des loisirs et
Dupuis, 6€
Apprendre à
frissonner, Texte et illustrations : Mazan
d’après un conte de Wilhelm Grimm (Celui qui s’en alla
apprendre la peur)
Le héros de cette histoire ne sait pas avoir peur, les
fantômes l’amusent, la nuit au cimetière ne l’inquiète pas, il se rit de tout ce qui épouvante les autres… Un jour il entend
parler d’un château si terriblement hanté que nul n’ose y entrer. Le roi a
promis la main de sa fille à qui y passerait trois nuits d’affilée, mais,
malgré la beauté de la jeune princesse, les candidats ne se bousculent pas.
– Sire, dit le jeune homme, si vous m’y autorisez, j’aimerais veiller trois nuits au château…
– Te voilà bien sûr de toi, répondit le roi, et pourtant mille dangers t’attendent. Personne n’est encore revenu du château vivant !
– Merveilleux ! s’écria le garçon. Peut-être allait-il enfin apprendre à frissonner…
– Sire, dit le jeune homme, si vous m’y autorisez, j’aimerais veiller trois nuits au château…
– Te voilà bien sûr de toi, répondit le roi, et pourtant mille dangers t’attendent. Personne n’est encore revenu du château vivant !
– Merveilleux ! s’écria le garçon. Peut-être allait-il enfin apprendre à frissonner…
L’avis d’Emma : J'ai
bien aimé ce livre car l'aventure a du suspense et ce cadet qui n'a peur de rien, c'est très étrange ! Il affronte
beaucoup de choses et cela ne lui fait rien !
Mon personnage préféré est le personnage principal (Le cadet ) car je le trouve rigolo et amusant.Cette histoire se finit très bien car il apprend a frissonner, donc il arrive à son but.
Mon personnage préféré est le personnage principal (Le cadet ) car je le trouve rigolo et amusant.Cette histoire se finit très bien car il apprend a frissonner, donc il arrive à son but.
A partir du CE2, Mille bulles de
l’école des loisirs et Delcourt € 6,00
Mélusine sortilèges, de Gilson et Clarke.
L'avis d'Emma: Mon personnage préféré est Mélusine car cette apprentie sorcière est très rigolote et elle fait beaucoup de bêtises c'est très amusant! J'ai bien aimée sa camarade de classe, elle
est très amusante aussi. Il y a souvent des petites blagues sympas à chaque page.
C'est vrai que la situation est drôle: Mélusine, une toute jeune sorcière d’à peine 119 ans, étudie une proposition d'emploi au château, on lui demande si elle possède un balai. Quelle question! Quelle sorcière digne de ce nom pourrait s’en passer ?
Le malentendu apparaît quand Mélusine découvre qu’elle a été embauchée pour faire le ménage. "Cirer le pont-levis, astiquer les vieilles armures, préparer la chambre du cousin vampire, chasser des dragons envahissants… Le travail ne manque pas, mais il en faudrait plus pour rebuter une jeune sorcière ambitieuse. Farceuse, gaffeuse et étourdie, Mélusine ne va pas tarder à réveiller les habitants de leur engourdissement séculaire. Les fantômes, revenants et autres loups-garous n’ont qu’à bien se tenir !"
L'école des loisirs, coéditeur Dupuis, 6€
L'occasion de se renseigner sur la légende de Mélusine et ses différentes versions.
Mélusine sortilèges, de Gilson et Clarke.
L'avis d'Emma: Mon personnage préféré est Mélusine car cette apprentie sorcière est très rigolote et elle fait beaucoup de bêtises c'est très amusant! J'ai bien aimée sa camarade de classe, elle
est très amusante aussi. Il y a souvent des petites blagues sympas à chaque page.
C'est vrai que la situation est drôle: Mélusine, une toute jeune sorcière d’à peine 119 ans, étudie une proposition d'emploi au château, on lui demande si elle possède un balai. Quelle question! Quelle sorcière digne de ce nom pourrait s’en passer ?
Le malentendu apparaît quand Mélusine découvre qu’elle a été embauchée pour faire le ménage. "Cirer le pont-levis, astiquer les vieilles armures, préparer la chambre du cousin vampire, chasser des dragons envahissants… Le travail ne manque pas, mais il en faudrait plus pour rebuter une jeune sorcière ambitieuse. Farceuse, gaffeuse et étourdie, Mélusine ne va pas tarder à réveiller les habitants de leur engourdissement séculaire. Les fantômes, revenants et autres loups-garous n’ont qu’à bien se tenir !"
L'école des loisirs, coéditeur Dupuis, 6€
L'occasion de se renseigner sur la légende de Mélusine et ses différentes versions.
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entrer dans une histoire,
peur
vendredi 22 juin 2012
En bord de mère …
Je veux aller à la mer de Jo Hoestlandt illustré par Jean-Pierre Blanpain. Johnny aime les voyages, grâce à l’école il part une fois par mois. Pour aller à la bibliothèque, mais ce qui lui lui plaît c’est le trajet, il s’assoit derrière le chauffeur du car et il n’en perd pas une miette.
Côté livres il prend un peu n’importe quoi, plutôt des gros pour faire plus d’usage. Un peu comme pour les habits, sa mère lui prend du 10 ans pour que ça dure plus longtemps. Johnny n’est pas trop porté sur les poètes qui délirent et les trucs impossibles, genre « Un grand chemin de fer qui nous a emmenés tout autour de la terre dans un wagon doré », ce qu’il sait c’est que la mer est à 503 kilomètres et qu’il n’a pas encore dépassé les 322 kilomètres, c’était pour aller voir sa mémé.
Johnny rapporte des devoirs à la maison , des phrases à compléter comme Dimanche j’irai…et Cet été nous irons…, pas difficile, la réponse est « Nulpar ». Parce que les parents sont fatigués, parce que la mer est à 503 kilomètres, parce que chez Johnny il n’y a pas d’argent.
Pourtant, cette phrase à compléter, Cet été nous irons…, secoue toute la famille. Maman a les larmes aux yeux – Elle est à tout le monde, la mer, à nous aussi…La décision est prise, coûte que coûte, en car ou en fusée, ils iront à la mer. Johnny reprend son cahier et écrit en s’appliquant – Cet été, nous irons à la mère.
Ce livre peut être proposé du CE1 au CM2, pour ses différents niveaux de lecture. Il parle de difficultés que beaucoup de nos élèves vivent au quotidien, il évite le pathos et passe par la poésie pour dire combien la vie est dure. Dure et belle à la fois. Il dit le courage des élèves qui ont du mal, des familles qui rament, de ceux dont on ne parle jamais. Les illustrations de Jean-Pierre Blanpain nous font traverser un monde noir et bleu chargé d’amour où les autocars ont des ailes. Oskar éditeur , collection trimestre, 13, 95€
Sur les remparts de Saint-Malo de Christophe Esnault et Orianne Lallemand. Les éditions Millefeuilles déclinent le patrimoine littoral pour tous les âges, avec cette fois une histoire de cachalot mauve à Saint-Malo qui rappelle les ritournelles classiques. D’ailleurs l’album évoque en seconde partie les chants de marins, donne les paroles d’Il était un petit navire et les plans de mon origami préféré, le bateau de papier. Pour les maternelle et les CP, histoire de préparer la classe de mer en chantant …Millefeuilles 12,50€
La tortue qui voulait traverser le désert, Bernard Romani et Nilobon Kijkrailas. Un conte philosophique dont l’héroïne est une tortue bien décidée à traverser le désert malgré les conseils, les menaces, les admonestations des autres animaux. Le coyote lui conseille de s’y prendre comme un coyote, le scorpion de creuser un trou comme il le fait.... D’un pas tranquille et sans se laisser détourner, elle atteindra son but sous une pluie inattendue et bienfaisante qui redonnera vie à la nature. En bord de mer elle pondra ses œufs et ses petits à leur tour suivront leur destin de tortues. CE1/CE2, Oskar éditeur 5,65€
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mardi 29 mai 2012
Devenir grand malgré la peur
CHUT, un petit dort ici, de Jeanne Ashbé. Petit, léger, cartonné, cet album à l’Italienne en forme de chouette nous emmène promener dans la nuit des petits. Une visite au chat dans son panier, une visite à l’éléphant, au camion rouge, à la maison où le papa sommeille devant son ordinateur tandis que la maman, une main sur son ventre arrondi, s’est assoupie sur le canapé. Dans la chambre du petit rien ne bouge, c’est tendre et calme…Jusqu’à ce que la dernière image nous montre le loup endormi sous un arbre. Endormi si l’on veut : il a tout de même un œil ouvert et fixé sur la petite chouette qui nous a guidés depuis le début. Une fin paradoxale pour cet album tout en douceur quand on sait la peur terrible qu’éprouvent certains petits à la seule évocation du loup : la dernière image casse la berceuse qu’on avait déroulée de page en page. A montrer aux petites sections avec les précautions d’usage, et pas forcément avant d’aller dormir, histoire de ne pas les laisser seuls avec l’image de ce loup aux dents pointues qui fait semblant de dormir. (L’école des loisirs 8,20€)
Benny & Teddy Comme des grands ! d’Emmanuelle Eeckhout, petit format pour cet album à regarder en petits groupes le temps de partager la vie de Benny et Teddy. Benny devient un grand lapin, il veut faire tout tout seul, avec son ami de peluche, Teddy. Prendre le bain, s’habiller, aller aux toilettes, dîner : il sait tout faire. Bon, il y a de la mousse partout, il met son pantalon sur sa tête, il traîne le rouleau de papier toilette dans la maison et il catapulte de la nourriture partout, certes. Mais il devient grand…Excepté pour une chose : le dodo. Là, c’est différent, Benny et Teddy s’installent dans le lit des parents comme des petits. Seulement voilà que les parents ont décidé que c’était terminé, fini, chacun dans son lit. Benny hurle et tempête mais rien n’y fait, les parents restent INFLEXIBLES.
Alors Benny installe Teddy dans son lit, le borde, le rassure, l’endort, et finit par le rejoindre et s’assoupir à son tour. Le détail délicat de l’histoire, c’est que les parents guettaient derrière la porte, exprimant ainsi combien ils aiment leur petit, même si ils ont décidé de l’éloigner de leur lit. Une bonne lecture pour les petits, un album à partager en petit groupe pour bien profiter des illustrations délicates. (L’école des loisirs, 9,70€)
Dans la série Mon imagier surprise , Drôle de queues !, dévoilement progressif d’animaux dont on ne voit d’abord que la queue : celle de l’éléphant comme une terre craquelée, celle du crocodile tachée d’ombres, celle du merveilleux belouga comme une fleur neigeuse sur l’océan… En classe un support pour revoir le nom des animaux et surtout pour travailler en langue orale sur les adjectifs qualificatifs, on peut s’en constituer une bonne réserve à partir de ces photos qui intriguent ou émeuvent. La partie informative peut concerner les élèves jusqu’au cycle 3 : on comparera les poids, les longueurs, les durées de vie indiquées dans le texte. Mais dès la section de petits, on pourra chercher des mots qui qualifient les animaux et leurs extraordinaires costumes de peau d’écailles ou de plumes. (de la Martinière jeunesse 10€)
Pas si méchants, Emily Jenkins et Elodie Durand. La narratrice est une petite fille un peu affolée par le tourbillon de la ville et tous ces gens qui la frôlent, lui crient dessus, courent, hurlent…Seulement elle a un truc, lorsque quelqu’un l’affole un peu, elle l’imagine chez lui avec sa famille, son amoureux, ses enfants, et là ça va tout de suite mieux. D’ailleurs ça marche dans les deux sens : dans la rue sa grande sœur si sympa devient une fille en manteau noir qui tape dans les poubelles, son adorable papa devient un policier pas commode. Un titre pour apprendre à ne pas avoir peur des gens...Si possible! Un bon album pour aborder les questions de point de vue avec les élèves, moins simple qu’il n’y paraît à comprendre et référant plutôt au monde urbain. Ce titre peut alimenter des débats ou servir de modèle pour écrire des portraits, A partir du CP, Milan jeunesse, 12 €
lundi 23 avril 2012
Des livres qui questionnent
Trois livres des éditions HongFei Cultures, dont je n’ai jamais parlé, m’attendaient sur mon bureau ce matin. Trois ouvrages soignés, sobres beaux et profonds, offrant aux enfants une autre approche du monde. Une occasion de sortir des clichés pour porter un regard différent sur le monde, des livres qui poussent à se questionner dans un univers imprégné de culture orientale.

Dragons de poussière de Thierry Dedieu, dans la veine du Maître des estampes (Seuil 2010) que j’avais beaucoup aimé. « Une légende chinoise veut que, parfois, un peintre voie apparaître dans sa calligraphie une tête de dragon. Alors, il sait qu’il est un artiste accompli. » Le peintre LiYong Pei se tourmente : sept ans de peinture et pas un dragon. Ce bel ouvrage qui mêle calligraphie et illustration invite à ouvrir l’œil à l’instar de Li Yong Pei : lâchant prise et délaissant ses pinceaux pour d’humbles tâches ménagères il voit enfin apparaître des dragons dans les traces d’eau, la poussière, les nuages…Une invitation à la contemplation qui trouvera sa place, selon l’usage qu’on en aura, de la section de moyens au CM. Un livre qui peut aussi servir de point de départ au travail de l’encre et à l’estampe.

Un autre regard sur le monde avec Veux-tu devenir bête ? de Pei-chun Shih et Géraldine Alibeu. Equilibre harmonieux entre la frugalité du texte et le dépouillement des illustrations, cet album en quatre chapitres pose les questions de la liberté, de l’identité, des désirs et de la possession. A la fin « La Bête et le lapin s’allongent près de la fleur, hument son parfum, admirent sa danse dans le vent et se sentent parfaitement bien. ». Nous, lecteurs, nous posons près de la bête et quittons cet album dans une sérénité bienvenue.

La bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup, des mêmes auteurs et toujours en quatre chapitres, aborde les questions de l’altérité, de la peur, du savoir et de la quête « Pourquoi voir la mer ? C’est là un mystère que les animaux de la forêt n’ont pas encore éclairci. » Parce que la question peut compter davantage que la réponse, le chemin plus que le but. Ces deux albums allient un humour léger, reposant de la lourde dérision imprégnant de plus en plus d’ouvrages, et une atmosphère pleine de poésie. De plus, la bête ressemble beaucoup à un chat aux petits pieds délicats…Coup de cœur ! (à partir de CE1, 10,50€)

A table ! de Rebecca Cobb, adorables illustrations pour un album destiné aux petits, bien observé, mettant en scène une narratrice toute-petite qui rechigne à se mettre à table. Elle finit par obéir et distribue en cachette son repas à trois convives affamés : un ours, un crocodile et un loup. Bien sûr elle leur pose la question – Mais vous ne préférez pas manger les enfants ? Chacun d’eux se défend - Quelle idée , loin d’eux l’idée même de goûter à ce mets détestable…Et heureusement car au repas suivant la narratrice est affamée et les trois monstres toujours là, elle finit son assiette sous leurs regards avides. Cela finit comme ça, et c’est un peu effrayant suivant la propension des petits à imaginer la suite car ils sont très gros, avec de très grandes dents…Plein de charme, à manier avec précaution, dès la section de petits (Kaleidoscope 13€)

Plus rassurant, Où est de loup ? de Bourgeau et Ramadier, nous conduit le long des pages cartonnées à travers la forêt où se promène Petit Cochon. Sa maman lui a bien conseillé de faire attention au loup ( Sympa, la maman) mais il ne le voit nulle part. Bien sûr il aperçoit deux oreilles noires dépassant d’un tronc d’arbre, un museau denté derrière un tas de bois, une queue noire…mais la page tournée l’animal dévoilé s’avère être un autre plus pacifique. Finalement, faute de loup il trouvera un louveteau affamé à qui il donnera son goûter. Bien que n’aimant pas trop qu’on fraie avec les loups (chacun sa place, chacun son rôle), j’apprécie cette petite balade à dévoilements dans la forêt et le sous-entendu qu’elle contient puisque le père loup a été retenu …chez le petit Chaperon Rouge. (A mon avis il serait plutôt chez la grand-mère, mais bon) Pour les maternelles petites et moyennes sections, Loulou et Cie.

Dragons de poussière de Thierry Dedieu, dans la veine du Maître des estampes (Seuil 2010) que j’avais beaucoup aimé. « Une légende chinoise veut que, parfois, un peintre voie apparaître dans sa calligraphie une tête de dragon. Alors, il sait qu’il est un artiste accompli. » Le peintre LiYong Pei se tourmente : sept ans de peinture et pas un dragon. Ce bel ouvrage qui mêle calligraphie et illustration invite à ouvrir l’œil à l’instar de Li Yong Pei : lâchant prise et délaissant ses pinceaux pour d’humbles tâches ménagères il voit enfin apparaître des dragons dans les traces d’eau, la poussière, les nuages…Une invitation à la contemplation qui trouvera sa place, selon l’usage qu’on en aura, de la section de moyens au CM. Un livre qui peut aussi servir de point de départ au travail de l’encre et à l’estampe.

Un autre regard sur le monde avec Veux-tu devenir bête ? de Pei-chun Shih et Géraldine Alibeu. Equilibre harmonieux entre la frugalité du texte et le dépouillement des illustrations, cet album en quatre chapitres pose les questions de la liberté, de l’identité, des désirs et de la possession. A la fin « La Bête et le lapin s’allongent près de la fleur, hument son parfum, admirent sa danse dans le vent et se sentent parfaitement bien. ». Nous, lecteurs, nous posons près de la bête et quittons cet album dans une sérénité bienvenue.

La bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup, des mêmes auteurs et toujours en quatre chapitres, aborde les questions de l’altérité, de la peur, du savoir et de la quête « Pourquoi voir la mer ? C’est là un mystère que les animaux de la forêt n’ont pas encore éclairci. » Parce que la question peut compter davantage que la réponse, le chemin plus que le but. Ces deux albums allient un humour léger, reposant de la lourde dérision imprégnant de plus en plus d’ouvrages, et une atmosphère pleine de poésie. De plus, la bête ressemble beaucoup à un chat aux petits pieds délicats…Coup de cœur ! (à partir de CE1, 10,50€)

A table ! de Rebecca Cobb, adorables illustrations pour un album destiné aux petits, bien observé, mettant en scène une narratrice toute-petite qui rechigne à se mettre à table. Elle finit par obéir et distribue en cachette son repas à trois convives affamés : un ours, un crocodile et un loup. Bien sûr elle leur pose la question – Mais vous ne préférez pas manger les enfants ? Chacun d’eux se défend - Quelle idée , loin d’eux l’idée même de goûter à ce mets détestable…Et heureusement car au repas suivant la narratrice est affamée et les trois monstres toujours là, elle finit son assiette sous leurs regards avides. Cela finit comme ça, et c’est un peu effrayant suivant la propension des petits à imaginer la suite car ils sont très gros, avec de très grandes dents…Plein de charme, à manier avec précaution, dès la section de petits (Kaleidoscope 13€)

Plus rassurant, Où est de loup ? de Bourgeau et Ramadier, nous conduit le long des pages cartonnées à travers la forêt où se promène Petit Cochon. Sa maman lui a bien conseillé de faire attention au loup ( Sympa, la maman) mais il ne le voit nulle part. Bien sûr il aperçoit deux oreilles noires dépassant d’un tronc d’arbre, un museau denté derrière un tas de bois, une queue noire…mais la page tournée l’animal dévoilé s’avère être un autre plus pacifique. Finalement, faute de loup il trouvera un louveteau affamé à qui il donnera son goûter. Bien que n’aimant pas trop qu’on fraie avec les loups (chacun sa place, chacun son rôle), j’apprécie cette petite balade à dévoilements dans la forêt et le sous-entendu qu’elle contient puisque le père loup a été retenu …chez le petit Chaperon Rouge. (A mon avis il serait plutôt chez la grand-mère, mais bon) Pour les maternelles petites et moyennes sections, Loulou et Cie.
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jeudi 5 avril 2012
Naître
Tempête au haras de Chris Donner L’histoire commence avec les naissances simultanées du narrateur, Jean-Philippe, et d’un poulain dans le haras de Saint James. Jean-Philippe vit au milieu des chevaux de course et grandit avec le rêve de devenir jockey. La catastrophe arrive dans le box de Belle Intrigante, la jument adorée, dont la pouliche d’un mois piétine le petit garçon. La colonne vertébrale est touchée, il devient tétraplégique. Le roman raconte l’hôpital, les soins, les rêves, l’avenir qui change de couleur et le destin de la pouliche qui s’avère être un crack, le cheval dont rêve toute écurie. L'écriture est remarquable, le roman devrait tenir en haleine les fans de chevaux mais pas seulement, la fin inattendue ne verse ni dans le pathos ni dans le happy end à gros sabots, pour les CM (neuf de l’école des loisirs 8,70 €)
Les histoires des sept corbeaux racontées dans le monde par Fabienne Morel et Gilles Bizouerne, illustrées par Marie Caudry. A partir du « conte-type » de La petite fille qui cherche ses frères, les auteurs présentent sept déclinaisons recueillies de la Vendée au Maroc en passant par l’Allemagne. La constante de ces contes est la naissance d’une fille après un certain nombre de garçons et l’ambiguité des sentiments des uns et des autres. Il est question de secret, de maléfices, de succession et la variété des histoires illustre les différences de représentation d’invariants mythiques. Les illustrations de Marie Caudry nimbent l’album d’une douce lumière bleue. Le tour du monde d’un conte (Syros 16,50€) Des vidéos de contes en ligne sur le site de Syros. A partir du CE1/CE2
Petites graines par Emile Jadoul et Catherine Pineur, le charme et la poésie pour les tout-petits avec cette rencontre entre Joseph et l’oiseau. Jour après jour, Joseph donne des graines à l’oiseau qui revient le voir, de plus en plus affamé et finit par lui révéler son secret : les trois oisillons qui l’attendent au nid, il y a du nouveau chez Joseph aussi, le ventre de sa maman s’arrondit tout doucement…Les illustrations de ce petit album respirent la tendresse, les couleurs brillantes sont de saison, dès la section de petits (Pastel 10,70€)
Sauf si de Jim Averbeck, c’est l’histoire d’un œuf et une affirmation : Un œuf n’est pas un bébé oiseau…sauf si. Deux petits mots qui changent tout et qui ouvrent la porte aux questions. L’album est structuré en doubles pages comprenant une affirmation et sa mise en doute, les deux pages suivantes illustrent une nouvelle hypothèse qui à son tour sera questionnée. Un album carré aux illustrations épurées, pour l’usage de la syntaxe et pour le jeu de raisonnement, dès la section de petits (Kaléidoscope, 13€)
jeudi 1 mars 2012
Tous différents ...

Matachamoua Céline Sorin et Célia Chauffrey. La famille des Ours de Fadélie vit un grand moment: La maman Louise va accoucher, un petit frère s'annonce pour Geneviève qui va ainsi devenir grande soeur. les Ours de Fadélie sont de très beaux animaux aux yeux fendus, aux longs cous, à la peau tachetée. De cinquante quatre taches exactement. Le petit Belem arrive, tout mignon, avec ses petits doigts parfaits, ses oreilles ravissantes, sa bouche rose comme une framboise, il ne lui manque rien sinon une tache, la cinquante-quatrième.Si ça n'a l'air de rien, ce n'est pas rien, la famille va apprendre petit à petit les grandes conséquences de cette petite différence. Certaines familles se reconnaîtront dans cette histoire, elle aidera certains enseignants à parler de la différence en classe. Elle est perlée de petits détails vécus, elle dit à la fois la terrible difficulté de vivre cette situation et la poésie incomparable qu'apportent à notre vie certains enfants différents.A partir de la section de moyens, Pastel l'école des loisirs 13,20€

Le panier, de Jean Leroy et Mathieu Maudet, un petit livre pour commencer à lire tout seul illustré de silhouettes noires sur blanc ou blanches sur noir. Une vieille sorcière bougonnante trouve un bébé dans un panier et s'empresse de le laisser tout seul dans la campagne "Moi qui n'aime rien ni personne, on me le rend bien dit-elle" Arrivée à l'abri de sa chaumière, elle entend l'orage éclater et pense au bébé, tout seul sous la pluie. Elle finit par aller le chercher et le ramener près de son feu. De fil en aiguille, la sorcière va s'occuper en bougonnant de ce bébé, elle va le sauver des griffes de l'ogre et se trouver récompensée par un énorme sourire depuis le fond du chaudron où elle l'a caché. C'est optimiste, ça parle d'amour et les illustrations de Matthieu Maudet sont toujours aussi réjouissantes. Mouche de l'école des loisirs 6,60€, CP/CE1

Arriver au zoo et trouver un panneau: Zoo fermé pour travaux, ça ressemble à une sortie ratée. Même si le zoo rouvre le 24 juin, c'est très loin, Petit Pierre sera déjà grand au mois de juin, il soupire sur cette journée gâchée sur la route du retour (Pas besoin de reprendre le bus, on a le temps...) Mais voilà que Papa lui suggère d'ouvrir l'oeil: après tout, il faut bien que les animaux fassent quelque chose pendant tout ce temps, et si ils étaient en ville, déguisés en passants, en gros monsieur moustachu, en dame engoncée dans un manteau de fourrure...Au début Pierre ne les voit pas, puis plus ils regarde, plus il en découvre un peu partout, aux terrasses des cafés, au volant des voitures.
Une bonne histoire, des illustrations cadrées comme au cinéma, un texte un peu difficile pour la lecture collective. J'aime beaucoup le regard que propose Jean-François Dumont aux enfants sur leurs environnement, kaleidoscope 13,50€, de la section de moyens au CE1.
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