vendredi 11 juillet 2014

Lire à plage...ou ailleurs!





Choisis ton masque ! , un livre avec deux trous pour les yeux de Mitsumasa Anno : le monsieur à lunettes, l’ours gris, le lapin, le chien, le guépard, le renard…En tout treize beaux masques derrière lesquels se cacher pour parler et faire parler.
Tout en simplicité et en beauté, pour les petits à partir de deux ans et demi. L’école des loisirs 11,50€

 

Bloub bloub bloub, un livre cartonné à regarder verticalement pour une histoire de plage tendre et loufoque. Tout commence banalement, mais petit à petit les personnages forment un pyramide qui finit dans une douce folie.
A choisir pour les animaux, la fin rassurante et la douceur des couleurs, un livre adapté à la section de petits. Yuichi Kasano, l’école des loisirs 8,70€

 

Moi pas, moi aussi, encore un petit livre cartonné, compact et solide, à propos des ressemblances et différences. Le regretté Mario Ramos nous invite à observer une série d’animaux (le chien, l’éléphant, le mouton et le singe) pour comparer leurs mœurs avec celles du jeune lecteur humain. On conclura avec le singe dont on n’est pas si différent et on utilisera une langue simple et structurée facilement reprise par les petits.
Pour les petites sections fanas d'animaux et parce que Mario Ramos nous manque, Moi pas, moi aussi, Pastel l’école des loisirs, 11,00€

 

Une place au soleil, l’histoire d’une souris râleuse qui fait la sieste sur la plage et finit par se retrouver à l’ombre à cause de son gros voisin, l’hippopotame. ..Mais elle n’est pas au bout de ses peines car à la plage, comme dans la classe, on est toujours gêné par quelqu’un. Elle finit par dénicher une île déserte, trop déserte, où elle sera heureuse de voir arriver tous ses anciens voisins. Finalement on n’est pas bien sans les autres, même si ils nous agacent parfois.
Un album graphique aux couleurs gaies, bienvenu pour discuter de la vie en société à l’école maternelle. Une place au soleil, Jean Leroy et Sylvain Diez, Kaléidoscope, 12€

 

 
1914 Guillaume Apolinaire s’en va-t-en guerre, d’Yves Pinguilly, un coup de cœur.
En marge de tous les ouvrages publiés cette année pour le centenaire de la Grande Guerre, cette anthologie  propose un choix de poèmes extraits de Calligrammes, Poèmes à Lou et lettres à Madeleine. Les calligrammes sont présentés de deux façons, platement et mis en forme, ce qui permet de mettre en valeur l’importance de la typographie. La difficulté des textes me semble organisée de manière croissante ce qui en fait une ressource de classe très intéressante. Un texte préalable resitue l’œuvre d’Apolinaire dans l’histoire des lettres et l’Histoire tout court. Pour les CM,  chez Oskar éditeur, 9,95€

jeudi 24 avril 2014

L’Humour à l’école maternelle ?


Pas facile l’humour avec les plus petits, certains albums  adressent  de lourds clins d’œil aux parents-acheteurs dans des registres pas vraiment accessibles aux enfants ou réfèrent à des sujets à la mode chez les adultes et vite obsolètes…Trois albums qui me semblent éviter ces écueils :

La grosse bête, de Pénélope Jossen, entre l’extinction des dinosaures et le mythe de David contre Goliath. Nous avons donc une grosse bête féroce et une toute petite bête pas féroce du tout. La grosse bête ressemble beaucoup à un tyrannosaure et la petite à un lézard. La grosse bête est la plus forte, forcément, alors la petite se fâche et la mord avec ses petites dents. Furieuse, la grosse bête s’apprête à la croquer, elle est déjà entre les terribles mâchoires…quand une énorme boule de feu tombe du ciel et grille tout ce qui n’est pas capable de se cacher dans un petit trou, les énormes dinosaures par exemple. « Quand il n’y eut plus rien à brûler, le feu s’éteignit et la petite bête sortit de sa cachette… ». Petit format carré, traits noirs à l’encre et  taches orange comme seule couleur (au moment de la boule de feu), cet album dépouillé est à la fois drôle et rassurant pour les petits : on aimera se débarrasser de cet affreux monstre et revenir sur cette histoire  qui finit si bien. Pour les petites et toutes petites sections, Pénélope Jossen, La grosse bête, l’école des loisirs, 8,20€

 

A la maison il y a des règles ! Un album qui décline les travers et les agacements de la vie quotidienne en famille, un humour qui s’adresse à tous : parents et enfants. On commence doucement avec le bonjour du matin, on accélère avec le changement du linge et la maison finit en champ de bataille entre éléphants, inondations, monceaux de livres et trapèze sur les lustres. On sort aussi, en ville, histoire de rappeler les règles pour traverser la rue où ne JAMAIS parler à quelqu’un qu’on ne connaît pas (même si il a perdu son très gentil chien qui s’appelle Kiki). Un album qui concerne plutôt la vie de la maison mais peut se partager en classe histoire de rire ensemble de certaines illustrations « Au pied de la lettre ». A la maison il y a des règles, Laurence Salaün et Gilles Rapaport, Seuil jeunesse, 13,90€. De la moyenne section au CE1.
 
 

 

Rikiki terrible pirate des mers, un grand album illustré de Marianne Barcilon. Sur l’île de Barbuda, Rikita Fleur de Java et Cap’tain Grabuge viennent d’avoir un bébé, Ricky, descendant des plus illustres familles de pirates des mers du Sud. Il a deux caractéristiques communes à beaucoup de petits frères, Ricky, une voix terrifiante quand il braille et une taille minuscule. On pourra ajouter le caractère intraitable: pas question de rester avec mamie Bouillabaisse,  Ricky veut écumer les mers sur le bateau de son papa. Il intègre donc l’équipage du Poustwadla au milieu des pirates tatoués et musclés, affligés de voir embarquer une telle demi-portion. Mais Ricky va faire la preuve qu’on a toujours besoin de plus petit que soi au cours d’aventures pleines de drôlerie. Les illustrations sont amusantes, le vocabulaire choisi et enrichissant pour les élèves. Rikiki terrible pirate des mers, Marianne Barcilon, kaléidoscope, 13€. De la moyenne section au CE1

mardi 22 avril 2014

Trois albums pour un parcours rêveur…




 
Rosalie et l’arbre au rocher. Rosalie passe l’après-midi chez sa grand-mère, elle retrouve ses jouets préférés : les petits chevaux, l’ours et le poupon baigneur. Rien de plus banal, pourtant l’aventure tourne au rêve éveillé, les chevaux galopent crinière au vent, l’ours et le poupon prennent vie, un homme-grenouille coiffé d’un chapeau sort de la mare, une sorcière traque la petite troupe sous les formes les plus effrayantes…Emilie Séron restitue les univers de l’enfance, le monde dilaté de l’imagination, la vie des éléments quand ils deviennent magiques. Après la peur vient la douceur : la grand-mère, la tarte aux myrtilles et les câlins…C’est rassurant sans être mièvre, empreint d’une tendre étrangeté et loin des clichés habituels. Pour tous les niveaux de la maternelle : Rosalie et l’arbre au rocher, Emilie Seron, Pastel l’école des loisirs, 13.00€

 
Quand je serai un animal. Pourquoi vouloir devenir pompier ou maîtresse d’école plus tard? On peut aussi  devenir un animal quand on rêve, et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas devenir hibou pour chasser les cauchemars qui traînent, cheval pour rencontrer des princesses abandonnées, souris pour se glisser dans le lit des parents, flamant rose et championne de marelle ? La finesse des dessins d’Aurélia Alcaïs, ses personnages aux yeux étranges, son univers blanc et pastel ouvrent un rideau de voile derrière lequel on peut rêver sans limite…
Pour tous les âges de la maternelle, à mettre en lien avec le fameux Il ne faut pas habiller les animaux pour  retrouver un porc-épic inattendu, Quand je serai un animal, Aurélia Alcaïs, Seuil jeunesse, 15.00€

 

 Si tu veux voir une baleine, merveilleux album et coup de cœur énorme. L’histoire commence devant un cadre vide qui se peuple et grandit à mesure que l’on tourne les pages : c’est la recette pour voir une baleine, il faut une fenêtre, un océan et du temps pour attendre. Il faut regarder sans fléchir, le fauteuil devient barque, attention aux pièges du sommeil qui pique les yeux. Il faut oublier la douceur des roses qui veulent tant être admirées et chercher plus loin comme le Petit Prince, sans se laisser distraire. Dans ce livre, on suit un garçon et son chien à travers des paysages à hauteur d’enfant, parmi des peuples minuscules, sous des ciels habités de nuages fantasmagoriques. Et finalement on la voit, la baleine, elle nous surprend sur une double page magistrale. Entre deux eaux, immense et silencieuse, à toucher le petit héros qui scrute l’horizon  sans la voir. Alors, elle sort son immense nez couvert de bosses devant la barque légère où l’enfant le chien et un petit oiseau lui font face.

On pense à Maurice Sendak et son usage de la page pour traverser le rêve, à Saint-Exupéry, à Iela Mari pour ses herbes habitées…Mais on se laisse surtout porter par le charme de cet album si complet. Difficile de préconiser un âge, cet ouvrage convient à la maternelle mais sa poésie et son récit d’une quête proche et lointaine peuvent enrichir des élèves de tous âges. Si tu veux voir une baleine, Julie Fogliano, illustrations d’Erin e. Stead (http://youtu.be/3TuHyU-onkc) Kaléidoscope 12€

lundi 10 mars 2014

Exposition à la New York Public Library

Comment est-on passé de l'interdiction des bibliothèques aux chiens et aux enfants à la création de départements jeunesse extraordinaires? Comment certains spectacles sont-ils devenus des livres d'images? Un livre pour enfant doit-il être édifiant? (On y revient...)

Ces questions et beaucoup d'autres sont posées à la New York Public Library sur la cinquième avenue, petit partage...




 












 










mardi 4 mars 2014

La vie des murs


Les murs de la classe sont un livre ouvert, toujours trop foisonnant et désordonné : on aimerait y afficher la masse débordante des programmes de peur d’oublier quelque chose…Pourtant quoi de plus propice à l’imagination qu’un mur clair et dégagé,  fenêtre ouverte pour l'imagination ?

Dans Louna et la chambre bleue, les auteures nous ouvrent leur fenêtre. Louna parle peu, elle observe tout : les oiseaux dans le vent, le soleil sur le sable de la plage qu’elle longe à vélo. Elle ne s’ennuie jamais, elle passe les récréations sur un banc : seule et heureuse. A l’école on s’inquiète, on s’affole, les maîtresses en parlent, tous le monde est en émoi. Quelqu’un sait qu’il n’y a aucune raison de se faire du souci, c’est sa grand-mère qui habite une jolie maison fleurie. L’après-midi Louna et Grand-Mère montent dans la chambre bleue pour une petite sieste. Pendant que la vieille dame s’assoupit, la petite fille entre dans la tapisserie : une toile de Delft  où les drapeaux claquent dans le vent, les bateaux manoeuvrent de toutes leurs voiles et déchargent leurs cargaisons sous des tours en ruines. Quelqu’un attend Louna sur le quai, c’est Chien rouge qu’elle retrouve chaque fois avec bonheur…

Un album délicieux, dès la section de moyens pour le raconter et jusqu’au CM2 comme inspiration d’écriture : et si, nous aussi, nous racontions le monde des murs ?

 Louna et la chambre bleue, Magdalena Guirao Jullien et Christine Davenier, Kaleidoscope 13€
 
 

 

Encore un qui a rêvé au fil du papier peint : Thierry Dedieu illustre le  Chaperon Rouge de Charles Perrault à travers les motifs d’une toile de Jouy. Le texte initial restitué dans sa forme d’origine tandis que les personnages traversent les bosquets, les sentiers et entrent dans la maison de la grand-mère. Paysages familiers visités durant les siestes de notre enfance au fil de nos rêveries. Quelle émotion de pousser la porte de cette maisonnette obstinément fermée, de reconnaître la barrière franchie d’un bond par le loup, les petits oiseaux semés le long des murs, les branches tordues des vieux arbres… La version de Perrault dans sa simple cruauté, pourtant moins terrifiante que les versions contées qui l’ont précédée. A partir du CP, un ouvrage qui permet de confronter les versions d’un même conte et d’en débattre avec les élèves. La reliure toile et rouge de l’ouvrage est bienvenue, belle et inhabituelle.
Le Petit Chaperon rouge, Perrault et Dedieu, Seuil Jeunesse 14€

 

Pas de toiles sur les murs de Salah el Mur, mais le soleil au-dessus de la vie des hommes pour chaque moment partagé. Sous le soleil la paix, la fête, les rêves qui font revivre ceux qu’on aime…Mais sous le soleil aussi la tristesse pour le grand-père victime des crocodiles, le bonheur du jeu entre frère et sœur, le bonheur d’un travail aimé. Sans oublier ce qu’on ne comprend pas et qui fait peur. Ecrit en français et en arabe, un album pour donner des couleurs aux sentiments et tenter de les partager.
Les montages brillants des illustrations invitent à créer ses propres univers à partir de petits éléments personnels ; les trois dernières doubles pages proposent au lecteur d'écrire et d'illustrer ce que lui évoquent le soleil, la lune et les nuages. Sous le soleil, Salah El Mur, cycles 2 et 3, Syros, 13,80€

 
Et pour finir une question existentielle, une question qu’on ne se pose même pas quand on commence à aller en classe, une question dont on sait bien que la réponse est oui en petite section : Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?

 Petit à petit, on se dit que peut-être, il est possible que la maîtresse ne dorme pas à l’école. Ce serait pourtant drôlement bien ! Carole Fives et Anne Isabelle Le Touzé nous expliquent la vie nocturne de l’école : D’abord la maîtresse dort sous son bureau, tranquillement, comme toutes les maîtresses (sauf celles qui dorment dans les placards). Vers minuit elle se réveille et c’est la fête : elle va rejoindre tous ses collègues et ils s’amusent comme des fous. C’est drôle, tendrement illustré, ça donne des pistes pour discuter de la vie de l’école et des personnes qui y travaillent. Et ça explique pourquoi les maîtresses sont parfois si fatiguées le matin !

A partir de la section de moyens, Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?, Carole Fives et Anne-Isabelle Le Touzé, Pastel l’école des loisirs, 13€



mercredi 5 février 2014

Iela Mari s'est envolée




 
Depuis les années soixante, Iela Mari dessinait pour les enfants des formes pures et fines. Elle aimait les histoires sans fin qui ressemblent à la vie, la magie des cycles, la grâce des animaux et des plantes. Ses albums aux couleurs lumineuses, bienvenus pour éveiller les petits au monde des formes changeantes, ont accompagné mes premières années d'enseignement: L'arbre le loir et les oiseaux, L'œuf et la poule, La pomme et le papillon, La petite bulle rouge...qui s'envole sur ce lien:
http://vimeo.com/12772228


El">http://vimeo.com/12772228">El globito rojo - Un cuento de Iela Mari
from Guillermo">http://vimeo.com/damepistachos">Guillermo Vázquez on Vimeo.https://vimeo.com">Vimeo.>








L'excellent Blog Lu-cie and co à propos de Iela Mari: http://lu-cieandco.blogspot.be/2014/02/la-pprend-avec-tristesse-la-mort-diela.html

jeudi 30 janvier 2014

Petit pois

Il y a quelques années, les élèves de Lucie Landais à l'école de La Fresnais produisaient ce diaporama :

http://youtu.be/Z7XQlAvkZPM

Les élèves de grande et moyenne section de Baguer Pican vont travailler sur l'album de Thierry Dedieu La princesse au petit pois, un album cartonné dont les illustrations grand format, étranges photos brumeuses à la lumière diffuse, donnent une atmosphère particulière à ce conte d'Andersen. Cet album est à rapprocher du Roi des sables de Thierry Dedieu, où l'on entre enfin dans un château de sable.
La princesse au petit pois, Seuil jeunesse (cartonné) 13,70€



Grâce à leur boîte à conte, les élèves de Baguer Pican vont s'entraîner à raconter l'histoire eux-mêmes, en entier et sans rien oublier...


Peut-être ici bientôt une vidéo de La princesse au petit pois raconté par les enfants...