jeudi 13 novembre 2014

Irremplaçables albums...

Qu'est-ce qui fait parler, apprendre le vocabulaire et la syntaxe, partager les rêves et la culture dès les premières années des petits humains?



http://www.dailymotion.com/video/x9wtcd_leane-une-pomme-pour-deux_people" target="_blank">Léane, une pomme pour deux
par http://www.dailymotion.com/Sebemy" target="_blank">Sebemy

jeudi 9 octobre 2014

Retournement de situation


 Dès la maternelle on peut apprécier que les histoires contiennent des surprises, quelques nouveautés  qui donneront l’occasion d’en discuter avec des élèves en voie de devenir lecteurs …
 
On verra demain. Ce très bel album de Michaël Escoffier et Kris di Giacomo met en scène un champion de la procrastination : Paco, le paresseux accroché à son arbre de toutes ses longues griffes. Paco décline toutes les façons de dormir sur une branche pendant que le monde s’agite autour de lui : non seulement il ignore totalement les injonctions d’aller jouer ou de se marier mais en plus il ne bouge pas lorsque les castors détruisent la forêt autour de lui. Ce n’est que bien tard, quand ils s’en prennent à son arbre, qu’il réagit enfin. « Sans son arbre, il mourrait, c’est sûr. Il lui faudrait dénicher chaque jour de quoi manger, trouver chaque soir un nouvel endroit où s’abriter, autant de choses qu’il avait réussi à éviter au cours de ces longues années. »
 Paco s’anime, interpelle les bûcherons, il les envoûte en leur racontant combien cet arbre est magique : il contient tout un monde d’insectes et d’amphibiens extraordinaires, des oiseaux fabuleux, des lézards capables de marcher sur l’eau…Captivés, les castors cessent de cisailler et en redemandent. C’est alors que Paco retourne se coucher.
En classe cet album donne l’occasion de parler d’environnement, de reformuler l’histoire et de discuter des fins possibles de l’histoire. De la section de moyens au CE1, Kaléidoscope, 13€

 
 
 
La fête de Billy. Revoilà Billy le hamster qui va fêter son anniversaire, au programme: fête costumée, il n’y a plus qu’à lancer les invitations. Bien sûr, Jean-Claude le ver de terre est le premier invité, avec son nouveau petit frère Didier. Billy fait le tour des amis avec Jean-Claude et ils perdent le bébé en route. Panique, ils finissent par le retrouver chez l’inquiétant vautour et on se dit que ça va mal finir. Finalement la fête a lieu, tout le monde est là, même quelqu’un qui s’est déguisé en fantôme et que personne ne reconnaît. ..
Une histoire parsemée de traits d’humour adaptés aux enfants  et une devinette à élucider ensemble : qui peut être ce gentil fantôme qui s’occupe du bébé ver de terre ? En discutant avec les élèves on passera un bon moment autour de la compréhension de texte. De la section de moyens (bien que ce soit un peu long en début d’année) au CE1. Catarina Valckx , l’école des loisirs, 12,70€
 

C’est Papy qui choisit. Le petit narrateur décrit ses mercredis avec son grand-père : toujours la même chose, Papy lui demande de choisir entre des activités ou des plats qui ne lui plaisent pas. On sent que c’est plutôt barbant…Alors il décide de prendre le taureau par les cornes : « A partir de maintenant, c’est toi qui choisis, Papy ! ». Les voilà donc devant la télévision, il y a foot, ça promet. Mais voilà Papy qui s’anime et se souvient : « Quand j’avais ton âge…Et si on allait jouer au foot ? ». Finalement le mercredi se passe de mieux en mieux, ils font plein de nouvelles choses et la chute indique combien le petit garçon a adoré ce temps partagé. En plus d’une bonne technique de manipulation, l’histoire donne l’occasion de discuter pour préciser les points de vue de chacun, de la section de grands au CE1. Les dessins sont merveilleux de tendresse, Jean Leroy et Jean-Luc Englebert, Pastel, 10,50€.
 
Ce n’est PAS une bonne idée. Mo Willems revient avec un album à la manière des films muets : personnages hyper-expressifs, cartons noirs encadrés de blanc pour les dialogues,  avec en plus une série de poussins-narrateurs très amusants qui reviennent ponctuer le déroulement de l’histoire. Il s’agit d’un renard qui invite une oie à dîner, elle accepte avec enthousiasme malgré la mise en garde du chœur des poussins : Ce n’est PAS une bonne idée. Finalement, ce qui semblait à craindre n’arrive pas, bien au contraire puisque le renard finit à la casserole. Le texte court et structuré présente un intérêt certain pour un usage à l’école maternelle : répétition d’une forme négative complète en ritournelle, registre soutenu. On aura de bons moments avec les enfants et ils devraient s’emparer du texte avec bénéfice.  Dès la section de petits, Kaléidoscope, 13 €

mardi 7 octobre 2014

GRANDIR !


Les enfants sont devenus plus grands en changeant de classe, c’est l’effet magique de la rentrée.



De plus en plus haut. A ce propos un très bel album nous donne des repères entre la taille d’un enfant de dix ans et celle d’une girafe, celle d’une statue de l’île de Pâques et celle de l’Obélisque de Louxor…Au fil des illustrations simples et détourées on visite le monde entier et son ordre de grandeur : la statue du christ rédempteur à Rio de Janeiro moins haute qu’un baobab de Madagascar, les Supertrees de Singapour, la fusée Ariane, la tour de Pise à 56 mètres malgré son penchant, le phare de l’île Vierge à 82,50 mètres. On grimpe vers la statue de la Liberté, Notre Dame, Big Ben en passant par le minaret de la mosquée Hassan II et la tour Chrysler. Pylône géant, éolienne formidable, tour de 160 étages…pour arriver au point le plus haut, les 8848 mètres de l’Everest pas encore dépassés. Après avoir feuilleté l’album long et stylé pour la beauté des illustrations, on trouvera les informations concernant chaque édifice sur une double page. Une réussite et une piste pour d’interroger sur les mesures de l’école et de son environnement.  Justine de Lagausie et Mikhail Mitmalka, De La Martinière jeunesse, 12,90€ (à partir du CE1)


Gérard le bousier. Grandir c’est aussi traverser des épreuves et en sortir changé. C’est le cas de Gérard qui a trouvé une étrange boule,  dure et bosselée. Il la roule derrière lui pour réussir la mission qu’il s’est donnée : trouver les parents de cet œuf. Il part à la rencontre de l’autruche qui ne reconnaît pas sa progéniture (trop petit !), du coucou qui l’oriente vers d’autres ovipares que les oiseaux, de la grenouille qui ne pond pas du tout comme ça, des serpents dont on se méfie quand même un peu. Finalement il découvrira des parents indignes armés de cannes et occupés à frapper d’autres œufs blancs et sphériques. S’il n’est pas connaisseur en golf, Gérard est néanmoins un très gentil personnage, il choisit de garder son « œuf » près de lui et de s’en occuper. C’est beau (Andrée Prigent signe les illustrations), c’est tendre et drôle avec de vraies informations sur les animaux. Fred Paronuzzi et Andrée Prigent, , Kaleidoscope  13€, à partir de la section de moyens.

 

 Le zoo derrière la porte. En devenant grand on accède à des mondes cachés, des aventures secrètes. C’est le cas de Sylvie qui découvre une porte dans le mur de sa chambre, derrière cette porte un couloir, une autre porte et un zoo secret où toutes sortes d’animaux attendent sa visite. Pour Sylvie commence alors une double vie : chaque nuit elle va chercher quelques animaux qu’elle ramène avec elle pour partager son bain et son lit (ou sa descente de lit s’ils sont trop lourds). Chaque matin elle ramène les animaux au zoo et ferme les portes, jusqu’au jour où elle se réveille en retard et oublie de fermer la porte secrète…Une belle histoire à propos de vie intérieure qui plaira aux élèves rêveurs, ceux qui ont du mal à se reconnaître dans les aventures trop réalistes. John Burningham, Kaleidoscope, 14€, à partir de la section de grands.


Le grand bateau de Grand Ours. Grand Ours est devenu trop grand pour son petit bateau, il doit en construire un autre. Le même que son petit bateau en plus grand. Il travaille dur, son bateau est prêt : exactement comme il le rêvait. C’est alors le défilé des amis et voisins et la litanie des conseils : pour le castor il faudrait un mât,  pour la loutre il manque un pont, pour le héron une cabine serait bienvenue…Grand Ours écoute chacun et transforme petit à petit son bateau qui finit par ne ressembler à rien, en tout cas pas à ce qu’il voulait, il n’est pas satisfait. Alors il démonte tous les ajouts jusqu’à ce qu’il retrouve le bateau du début, celui qui lui plaît à lui, grandir c’est aussi affirmer ses choix.  Un album délicieux,  un régal de regarder Grand Ours dériver au fil de l’eau dans sa barque. Eve Bunting et Nancy Carpenter, Pastel, 10,50€

vendredi 11 juillet 2014

Lire à plage...ou ailleurs!





Choisis ton masque ! , un livre avec deux trous pour les yeux de Mitsumasa Anno : le monsieur à lunettes, l’ours gris, le lapin, le chien, le guépard, le renard…En tout treize beaux masques derrière lesquels se cacher pour parler et faire parler.
Tout en simplicité et en beauté, pour les petits à partir de deux ans et demi. L’école des loisirs 11,50€

 

Bloub bloub bloub, un livre cartonné à regarder verticalement pour une histoire de plage tendre et loufoque. Tout commence banalement, mais petit à petit les personnages forment un pyramide qui finit dans une douce folie.
A choisir pour les animaux, la fin rassurante et la douceur des couleurs, un livre adapté à la section de petits. Yuichi Kasano, l’école des loisirs 8,70€

 

Moi pas, moi aussi, encore un petit livre cartonné, compact et solide, à propos des ressemblances et différences. Le regretté Mario Ramos nous invite à observer une série d’animaux (le chien, l’éléphant, le mouton et le singe) pour comparer leurs mœurs avec celles du jeune lecteur humain. On conclura avec le singe dont on n’est pas si différent et on utilisera une langue simple et structurée facilement reprise par les petits.
Pour les petites sections fanas d'animaux et parce que Mario Ramos nous manque, Moi pas, moi aussi, Pastel l’école des loisirs, 11,00€

 

Une place au soleil, l’histoire d’une souris râleuse qui fait la sieste sur la plage et finit par se retrouver à l’ombre à cause de son gros voisin, l’hippopotame. ..Mais elle n’est pas au bout de ses peines car à la plage, comme dans la classe, on est toujours gêné par quelqu’un. Elle finit par dénicher une île déserte, trop déserte, où elle sera heureuse de voir arriver tous ses anciens voisins. Finalement on n’est pas bien sans les autres, même si ils nous agacent parfois.
Un album graphique aux couleurs gaies, bienvenu pour discuter de la vie en société à l’école maternelle. Une place au soleil, Jean Leroy et Sylvain Diez, Kaléidoscope, 12€

 

 
1914 Guillaume Apolinaire s’en va-t-en guerre, d’Yves Pinguilly, un coup de cœur.
En marge de tous les ouvrages publiés cette année pour le centenaire de la Grande Guerre, cette anthologie  propose un choix de poèmes extraits de Calligrammes, Poèmes à Lou et lettres à Madeleine. Les calligrammes sont présentés de deux façons, platement et mis en forme, ce qui permet de mettre en valeur l’importance de la typographie. La difficulté des textes me semble organisée de manière croissante ce qui en fait une ressource de classe très intéressante. Un texte préalable resitue l’œuvre d’Apolinaire dans l’histoire des lettres et l’Histoire tout court. Pour les CM,  chez Oskar éditeur, 9,95€

jeudi 24 avril 2014

L’Humour à l’école maternelle ?


Pas facile l’humour avec les plus petits, certains albums  adressent  de lourds clins d’œil aux parents-acheteurs dans des registres pas vraiment accessibles aux enfants ou réfèrent à des sujets à la mode chez les adultes et vite obsolètes…Trois albums qui me semblent éviter ces écueils :

La grosse bête, de Pénélope Jossen, entre l’extinction des dinosaures et le mythe de David contre Goliath. Nous avons donc une grosse bête féroce et une toute petite bête pas féroce du tout. La grosse bête ressemble beaucoup à un tyrannosaure et la petite à un lézard. La grosse bête est la plus forte, forcément, alors la petite se fâche et la mord avec ses petites dents. Furieuse, la grosse bête s’apprête à la croquer, elle est déjà entre les terribles mâchoires…quand une énorme boule de feu tombe du ciel et grille tout ce qui n’est pas capable de se cacher dans un petit trou, les énormes dinosaures par exemple. « Quand il n’y eut plus rien à brûler, le feu s’éteignit et la petite bête sortit de sa cachette… ». Petit format carré, traits noirs à l’encre et  taches orange comme seule couleur (au moment de la boule de feu), cet album dépouillé est à la fois drôle et rassurant pour les petits : on aimera se débarrasser de cet affreux monstre et revenir sur cette histoire  qui finit si bien. Pour les petites et toutes petites sections, Pénélope Jossen, La grosse bête, l’école des loisirs, 8,20€

 

A la maison il y a des règles ! Un album qui décline les travers et les agacements de la vie quotidienne en famille, un humour qui s’adresse à tous : parents et enfants. On commence doucement avec le bonjour du matin, on accélère avec le changement du linge et la maison finit en champ de bataille entre éléphants, inondations, monceaux de livres et trapèze sur les lustres. On sort aussi, en ville, histoire de rappeler les règles pour traverser la rue où ne JAMAIS parler à quelqu’un qu’on ne connaît pas (même si il a perdu son très gentil chien qui s’appelle Kiki). Un album qui concerne plutôt la vie de la maison mais peut se partager en classe histoire de rire ensemble de certaines illustrations « Au pied de la lettre ». A la maison il y a des règles, Laurence Salaün et Gilles Rapaport, Seuil jeunesse, 13,90€. De la moyenne section au CE1.
 
 

 

Rikiki terrible pirate des mers, un grand album illustré de Marianne Barcilon. Sur l’île de Barbuda, Rikita Fleur de Java et Cap’tain Grabuge viennent d’avoir un bébé, Ricky, descendant des plus illustres familles de pirates des mers du Sud. Il a deux caractéristiques communes à beaucoup de petits frères, Ricky, une voix terrifiante quand il braille et une taille minuscule. On pourra ajouter le caractère intraitable: pas question de rester avec mamie Bouillabaisse,  Ricky veut écumer les mers sur le bateau de son papa. Il intègre donc l’équipage du Poustwadla au milieu des pirates tatoués et musclés, affligés de voir embarquer une telle demi-portion. Mais Ricky va faire la preuve qu’on a toujours besoin de plus petit que soi au cours d’aventures pleines de drôlerie. Les illustrations sont amusantes, le vocabulaire choisi et enrichissant pour les élèves. Rikiki terrible pirate des mers, Marianne Barcilon, kaléidoscope, 13€. De la moyenne section au CE1

mardi 22 avril 2014

Trois albums pour un parcours rêveur…




 
Rosalie et l’arbre au rocher. Rosalie passe l’après-midi chez sa grand-mère, elle retrouve ses jouets préférés : les petits chevaux, l’ours et le poupon baigneur. Rien de plus banal, pourtant l’aventure tourne au rêve éveillé, les chevaux galopent crinière au vent, l’ours et le poupon prennent vie, un homme-grenouille coiffé d’un chapeau sort de la mare, une sorcière traque la petite troupe sous les formes les plus effrayantes…Emilie Séron restitue les univers de l’enfance, le monde dilaté de l’imagination, la vie des éléments quand ils deviennent magiques. Après la peur vient la douceur : la grand-mère, la tarte aux myrtilles et les câlins…C’est rassurant sans être mièvre, empreint d’une tendre étrangeté et loin des clichés habituels. Pour tous les niveaux de la maternelle : Rosalie et l’arbre au rocher, Emilie Seron, Pastel l’école des loisirs, 13.00€

 
Quand je serai un animal. Pourquoi vouloir devenir pompier ou maîtresse d’école plus tard? On peut aussi  devenir un animal quand on rêve, et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas devenir hibou pour chasser les cauchemars qui traînent, cheval pour rencontrer des princesses abandonnées, souris pour se glisser dans le lit des parents, flamant rose et championne de marelle ? La finesse des dessins d’Aurélia Alcaïs, ses personnages aux yeux étranges, son univers blanc et pastel ouvrent un rideau de voile derrière lequel on peut rêver sans limite…
Pour tous les âges de la maternelle, à mettre en lien avec le fameux Il ne faut pas habiller les animaux pour  retrouver un porc-épic inattendu, Quand je serai un animal, Aurélia Alcaïs, Seuil jeunesse, 15.00€

 

 Si tu veux voir une baleine, merveilleux album et coup de cœur énorme. L’histoire commence devant un cadre vide qui se peuple et grandit à mesure que l’on tourne les pages : c’est la recette pour voir une baleine, il faut une fenêtre, un océan et du temps pour attendre. Il faut regarder sans fléchir, le fauteuil devient barque, attention aux pièges du sommeil qui pique les yeux. Il faut oublier la douceur des roses qui veulent tant être admirées et chercher plus loin comme le Petit Prince, sans se laisser distraire. Dans ce livre, on suit un garçon et son chien à travers des paysages à hauteur d’enfant, parmi des peuples minuscules, sous des ciels habités de nuages fantasmagoriques. Et finalement on la voit, la baleine, elle nous surprend sur une double page magistrale. Entre deux eaux, immense et silencieuse, à toucher le petit héros qui scrute l’horizon  sans la voir. Alors, elle sort son immense nez couvert de bosses devant la barque légère où l’enfant le chien et un petit oiseau lui font face.

On pense à Maurice Sendak et son usage de la page pour traverser le rêve, à Saint-Exupéry, à Iela Mari pour ses herbes habitées…Mais on se laisse surtout porter par le charme de cet album si complet. Difficile de préconiser un âge, cet ouvrage convient à la maternelle mais sa poésie et son récit d’une quête proche et lointaine peuvent enrichir des élèves de tous âges. Si tu veux voir une baleine, Julie Fogliano, illustrations d’Erin e. Stead (http://youtu.be/3TuHyU-onkc) Kaléidoscope 12€

lundi 10 mars 2014

Exposition à la New York Public Library

Comment est-on passé de l'interdiction des bibliothèques aux chiens et aux enfants à la création de départements jeunesse extraordinaires? Comment certains spectacles sont-ils devenus des livres d'images? Un livre pour enfant doit-il être édifiant? (On y revient...)

Ces questions et beaucoup d'autres sont posées à la New York Public Library sur la cinquième avenue, petit partage...